Que faire ?

Visualiser
Un support visuel peut aider à clarifier la situation alimentaire. La visualisation augmente la prévisibilité. Elle peut également apporter une solution pour les enfants qui n’éprouvent pas de sentiment de satiété et qui mangent donc trop. Vous pouvez, par exemple, représenter la quantité que l’enfant peut manger par un pictogramme et le placer à côté de l’assiette.

Vous trouverez beaucoup de matériel utile sur Internet et plus particulièrement sur les sites des supermarchés. Si vous vous inscrivez pour une livraison à domicile, vous trouverez une photo de presque toutes les boissons et tous les aliments. Pratique lorsque votre enfant ne mange que certains produits de certaines marques. (Vous devez sélectionner un point d’enlèvement et une date de livraison avant d’obtenir l’accès au menu reprenant toutes les catégories. Cette inscription reste sans engagement de votre part tant que vous ne confirmez pas votre commande.)

Exemple

  • Planifier le menu du jour ou de la semaine.
  • Etablir un schéma journalier avec l’annonce des repas (support pour les enfants qui ne ressentent pas la faim, par exemple).
  • Des pictogrammes détachés pour choisir.
  • Poser des pictogrammes à côté de l’assiette comme aide-mémoire.

Pictogramme illustrant l'action de boire avec un verrePictogramme illustrant l'action de peler une pomme

(Source pictogrammes : www.sclera.be)

Planifier les repas
Pour certains enfants présentant de l’autisme, il est important de visualiser les moments des repas. Vous pouvez les annoncer avec un schéma chronologique, par exemple.

Il est, par contre, déconseillé de manger toujours précisément à la même heure. Vous devez garder un peu de marge pour ne pas vous compliquer la vie. Ne dites donc pas « On mange à 12 heures » mais bien « On mange entre 12 heures et 12 heures 30 ». Vous pouvez également instaurer des rituels fixes qui annoncent le repas, comme se laver les mains.

De petites étapes
Il est préférable d’introduire les nouveautés par petites étapes successives. Elles rassurent l’enfant et lui donnent l’impression qu’il maîtrise la situation. Le nombre d’étapes nécessaires dépend principalement des réactions d’angoisse ou de l'importance de l’aversion. Si votre enfant réagit positivement, faites l’impasse sur les étapes intermédiaires. Essayez de veiller à ce que votre enfant soit le plus détendu possible lorsqu’il essaie de nouveaux aliments. Créez une ambiance et une atmosphère détendue, soutenez votre enfant et n’hésitez pas à le complimenter.

Etapes possibles :

  • mettre quelque chose de nouveau à table ;
  • poser un petit morceau sur l’assiette ;
  • toucher un morceau ;
  • porter un morceau aux lèvres ;
  • lécher l’aliment ;
  • mettre un morceau en bouche, mais sans l’avaler ;
  • mettre un morceau en bouche et l’avaler.

Le passage d’une nourriture liquide ou mixée à une nourriture solide peut être difficile pour les jeunes enfants avec autisme. Vous pouvez là aussi travailler par étapes. Une cuillère en plastique peut parfois aider car une cuillère en métal peut donner un goût désagréable dans la bouche.

Goûter un nouvel aliment
Quand vous voulez faire goûter à votre enfant un nouvel aliment, il vaut mieux le faire en dehors du moment des repas. En effet, la période des repas peut devenir un moment stressant pour votre enfant qui n’aime pas les changements ou les nouveautés. ‘Venir à table’ peut être associé à ‘goûter de nouvelles choses’, et donc annoncer un moment difficile pour votre enfant.

banaan aankondigen Mateo

La maman de Mateo le prévient que, la semaine prochaine (lundi), il mangera un nouvel aliment. Elle a écrit le nom de l’aliment (une banane) sur le panneau de la cuisine et avec qui il l’essayera. Mateo goûte toujours un nouvel aliment avec sa baby-sitter.

Traitement logopédique
Un traitement logopédique peut s’avérer utile lorsque :

  • l’enfant avale souvent de travers en mangeant ou en buvant et que ces incidents l’angoissent ;
  • l’enfant a souvent la nausée en mangeant ou en buvant ;
  • l’enfant essaie de manger mais qu’il n’y parvient pas ;
  • l’enfant a plus de 6 mois et qu’il ne veut ou peut pas encore manger d’aliments solides ou grumeleux.

Renforcement positif
Le renforcement positif du comportement peut aider à motiver un enfant à essayer une nouveauté. Vous pouvez déjà récompenser votre enfant s’il est prêt à essayer un nouvel aliment sans même en manger une portion complète.

Vous pouvez présenter un nouvel aliment à votre enfant avec quelque chose qu’il aime. Après chaque bouchée du nouvel aliment, il reçoit une bouchée de son plat préféré en récompense.

Luna eten boterham worst picto

Après avoir mangé un bout de sa tartine, Luna peut manger une rondelle de boudin, son aliment préféré.

Donner le bon exemple
Certains enfants mangent mieux en compagnie d’enfants du même âge ou d’adultes. L’enfant peut également être plus enclin à essayer un nouvel aliment si d’autres ont essayé avant lui.

Evénement social
Pour certains enfants avec autisme, l’aspect social des repas est la cause de leurs problèmes alimentaires. Vous pouvez alors clarifier les règles sociales en vigueur à table en donnant des explications et en visualisant quelques-unes de ces règles.

Exemple

Si votre enfant parle beaucoup à table et qu’il interrompt les autres, vous pouvez placer le pictogramme suivant à côté de son assiette. L’utilisation d’un ‘feu de circulation’ en carton peut également être utile. De nombreux enfants connaissent sa signification.

Pictogramme illustrant deux personnes, l'une parle et l'autre pose la main sur son oreille

(Source pictogramme : www.sclera.be)

kleurkaarten tafel

Une famille de 3 enfants avec autisme utilise des cartes de couleur pour clarifier le 'trafic social' à table. La carte verte à table signifie que tout le monde peut parler, la carte jaune indique que l’on peut parler seulement quand on a fini de manger et si la carte rouge apparaît sur la table, tout le monde doit se taire.

Votre enfant peut également être paniqué si des invités viennent manger. Vous pouvez préparer votre enfant en lui donnant des informations. Vous pouvez lui annoncer à l’avance qui sera à table et à quelle place. Vous pouvez aussi discuter avec lui des sujets de conversation possibles.

Le principal est que votre enfant mange. Donnez la priorité au repas et non pas à l’événement social. Une discussion peut encore avoir lieu à un autre moment de la journée.

Adapter l’environnement
Quelques conseils :

  • laissez votre enfant s’asseoir à une place fixe, si ça peut améliorer son alimentation ;
  • si votre enfant éprouve une certaine aversion pour les contacts physiques, veillez à ce qu’il ait suffisamment d’espace ;
  • coupez tous les bruits de fond perturbants, éteignez la radio ou la télévision pendant le repas, par exemple ;
  • si votre enfant est dérangé par les bruits que les autres font en mangeant, donnez-lui une place à part à table ou allumez la radio pour couvrir les bruits de mastication ou de respiration ;
  • donnez à votre enfant une assiette compartimentée pour bien ordonner les aliments.